La Princesse Troubadour

Samedi 4 avril 2009
Ce qui manque à l'écriture, c'est la vocifération. Cinglante, violente.

C'est une pensée qui me traverse régulièrement l'esprit. Jusqu'à présent, je la laissais libre de pénétrer mon esprit et d'en sortir, sans chercher à la retenir. Mais ce soir, elle me revient et j'ai besoin de la coucher.

Le Dieu Deezer a décidé de me passer dans sa folie de playlist aléatoire un vieux morceau de Walls of Jericho dont j'avais complètement oublié jusqu'à l'existence et que pourtant j'aimais beaucoup.
Cela a déclenché une avalanche de questions dans mon pauvre petit cerveau. En autres :

  • Qu'est devenu la conne qui m'a fait découvrir ce groupe ?
  • Pourquoi j'ai occulté de ma mémoire ce groupe ?
  • Pourquoi Candace est aussi énervée ?
  • Pourquoi je me rappelle le nom de la chanteuse alors que le nom du groupe et le nom de la grosse conne qui me l'a fait découvrir sont passés dans la trappe de l'oubli.


Après avoir trouvé une réponse approximative à chacune de ses questions (dans l'ordre « je m'en tape » « probablement parce qu'il y avait à l'époque un rapport trop fort dans mon esprit entre WOJ et la grosse conne » « parce qu'elle n'a pas pris sa verveine » « parce que Candace, ça rime avec Chiennasse tout en ayant la racine de Candide, et que c'est un rapprochement troublant »), mon esprit s'est recentré sur la question du hurlement dans l'écriture.



Source de l'image : http://www.weblettres.net/blogs/article.php?w=Jenperdsmonf&e_id=13092



Lorsque j'écris un texte résolument intimiste, je l'écris sur un certain rythme que j'entends distinctement dans ma tête, avec un jeu de voix qui se répondent, s'entremêlent, s'opposent... Un hurlement peut donner la réplique à un chuchotement, une phrase « lyrique » peut se terminer par un mot susurré, à peine inaudible avant de se terminer en cri exagéré de « vieille truie qu'on égorge ». Tout cela est bien calé dans ma tête. (j'en vois certains se demander si il ne serait pas judicieux d'appeler les hommes à la blouse blanche. Rassurez-vous, dans la vraie vie, je suis normale).

Malheureusement, le lecteur extérieur reste hermétique à ma lecture intérieure. Logique d'ailleurs.

Mémé Duras à écrit « Écrire, c'est aussi ne pas parler. C'est se taire. C'est hurler sans bruit. » (
Écrire). J'approuve, c'est un bon début, d'écrire sa rage. Mais, n'est-ce pas s'arrêter au milieu du chemin. Hurler sans bruit, ça sonne comme un goût d'inachevé.

Enfant, on pass
e par l'étude du graphisme (trait, point, spirale...) afin d'apprendre la formation des lettres. Une fois les lettres apprises, on nous assène l'alphabet, la grammaire... Et nous accédons à ce moment à l'état suprême d'être humain lettré , délaissant complètement le graphisme (si si, il n'y a qu'à regarder l'écriture de certains médecins).
Et si nous en revenions aux graphismes pour exprimer les émotions et laissions l'alphabet aux raisonnements.
La communication du cri pourrait-elle passer par un agencement savant (ou pas) de la typographie, un choix judicieux (ou pas) dans le choix de la police de caractère ? Mais au fond, n'est-ce pas que du bricolage ? Et puis comment différencier un cri de rage d'un hurlement de douleur ? Comment le teinter de nuance ?

Et si la vraie question était qu'un texte écrit ne servait à rien si rien ne le fait vivre ? Après tout, rien ne ressemblera jamais mieux à une vocifération, qu'une vocifération elle-même.


- Par Princess Dwinette
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Samedi 4 avril 2009
***
Tu tombes et tu tombes, dans ce fond. Et tu tombes et tu tombes, tu taccroches, tu t'agrippes, au rebord du précipice, à la force de tes doigts qui s'agitent. Ce que tu ne peux pas dire, tu le rends. ReLent. Ressent tes doigts qui sagitent, ça tombe et ça tombe, dans la mare aux immondices, et ça tombe et ça tombe. Creuse ton ventre, creuse ta tombe. Ce que tu ne peux pas vivre, tu le rends. C'est lent, violent. ReLent. Creuse ton ventre, creuse ta tombe.

***

 

***

 

- Par Princess Dwinette
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 24 mars 2009


Depuis le temps des "Je Devine"

Depuis l'enfance qu'on assassine
Mange ma main, Reserre mes doigts

Branle-toi


Au bord du gouffre qui m'aspire
Encore une nuit qui me déchire

Dévore mon âme, Détruit ma voie

Doigte-moi

 

Des larmes versées, Dis moi pourquoi
Le sang s'écoule le long de moi
Lèche ma peau, mon désarroi

Viole-moi


Au fond du gouffre, la nuit m'opprime
C'est la folie qui me ranime
Vomi ton miel au gout
de fiel

Et TUE-MOI

 



- Par Princess Dwinette
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 4 janvier 2009

Ce texte a été écrit il y a quelques années maintenant. Mais, en ce moment où j'ai tant besoin d'une renaissance, il ne m'a jamais semblé autant d'actualité.
------------------------------------------------------------------------------------------

Eveil à la Vie
Pousser son premier cri. S’ouvrir à la vie. Sentir le monde, son essence, sa couleur. Blanc docteur. Rouge liquide. Air transparent. Naissance. Renaissance. Conscience de soi. De son corps. De son esprit. « Je pense donc je suis ». Je suis et je pense. A quoi ? Pas grand chose, dans le fond. Aux ongles, aux doigts, aux bras. A cette main que me touche. La mienne. La sienne. Qui me palpe, m’envahit, me trahit. Pleurs. Nuit jour nuit jour nuit. Re-pleurs. Jour. Nuit. Maman. Papa. Cris. Tabourets volant à travers la pièce. Où est-ce un cendrier ? Jour. Nuit. Les frangins. Pleurs. Larmes étouffées dans l’angoisse de nos nuits. Jour. Premier jour d’école. Séparation. Déchirement. Ne lâche pas ma main. Ecole de la vie. Ecole de l’ennuie. Que d’heures perdues à s’user le postérieur sur  ces bancs poussiéreux ; elles s’étirent à en devenir des années. Unique consolation, le répit. Les répits. Les vacances. Vacances de Pauvre, riches d’oisiveté. Vacances d’apprentissage. Apprendre à sortir de soi en utilisant toutes les ressources à porté de mains. Alcools. Drogues. En absorber en quantité suffisante pour perdre conscience. Perte de conscience de soi. Libération provisoire. Mais défonce s’estompe et quotidien revient. Plus intense tel une gifle. Vite ! Réagir ! Créer une diversion. Oublier la violence de cette douleur en s’en infligeant une plus grande. Une larme, une lame perdue sur un avant-bras. Laisse quelques traces. Les larmes cessent de s’échapper des yeux pour perlées, rouges, de la chair meurtrie. Douleur. En nous arrachant à notre léthargie, elle nous rappelle à la vie. Et là, espérance. Espoir. On se surprend à rêver que l’on pourrait aimer…

- Par Princess Dwinette
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Présentation

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés